LE BURNOUT

Le burnout est actuellement reconnu comme une pathologie médicale légitime par une grande partie de la médecine actuelle et il a même reçu son propre code dans le ICD-10.
Beaucoup des symptômes de l’épuisement professionnel se chevauchent avec ceux de la dépression, y compris la fatigue extrême, la perte de la motivation, et l’intensification du cynisme et de la négativité.

Cependant, l’épuisement en est le facteur principal, qui est lié au travail. Dans le domaine des services à la personne, il est particulièrement répandu, en partie en raison d’un environnement de travail fortement stressant, avec de fortes exigences émotionnelles. En ce qui concerne les travailleurs humanitaires, ajoutons à cela, dans beaucoup de cas, le contexte sécuritaire et les difficulté de travailler dans l’urgence.

Le burnout et ses différentes étapes

  • Tout d’abord, vous constatez que vous êtes épuisé(e) physiquement, mentalement et émotionnellement: le soir après le travail, vous vous sentez dans un état quasi “comateux” et vous ne pouvez même plus faire ce qui vous détendrait. Vous avez l’impression que plus vous travaillez, plus vous patinez, sans résultat. Vous constatez que vous prenez de plus en plus de responsabilités sur vos épaules mais que vous n’arrivez pas à organiser votre travail de manière sensée, rationnelle. Vous ne savez plus dire non à la surcharge.
  • Ensuite, vous vous sentez de plus en plus coupable de ne pas fonctionner “comme vous devriez”. Vous avez honte de ne pas être “à la hauteur” et vous commencez à douter de vous. Vous dévaluez tout ce que vous faites et vous êtes sûr(e) que les collègues vous méprisent. Vous vous sentez de plus en plus vulnérable et susceptible.
  • Dans un troisième temps, pour vous défendre de ce sentiment de fragilité, vous pouvez mettre une armure de cynisme et d’amertume. On devient parfaitement désagréable et les autres vous évitent, ce qui en retour vous persuade que vous ne valez rien.
  • Enfin le sentiment d’échec et d’impuissance à changer sa situation amène à une crise, où l’on “craque”. Ses réactions sont disproportionnées, soit dans la colère ou dans les larmes. On devient suspicieux, voire “parano”, on change d’humeur, passant de l’euphorie à la déprime très rapidement. Dans son travail, il devient impossible d’établir des priorités. On s’installe dans une dépression.

Etes-vous dans un état d’épuisement professionnel?

L’antithèse de l’épuisement est l’engagement.

L’antithèse de l’épuisement est l’engagement. L’engagement est caractérisé par une énergie participative et efficace. C’est tout le contraire de l’épuisement, du cynisme et de l’inefficacité au travail.

Faites le test suivant pour voir si vous êtes toujours aussi engagé dans votre travail qu’aux premiers jours de votre mission.

Ce test n’est pas un diagnostic médical. Il devrait être considéré comme un indicateur, une occasion de réfléchir sur votre situation actuelle. Seul un médecin ou un thérapeute est capable de mener un examen approfondi, permettant de qualifier votre degré de burnout. Ceci amènera à choisir le type de traitement.

Que pouvez-vous faire pour éviter un burnout?

Tout d’abord, déterminer quels sont vos besoins. Si vous avez fait le test, retournez-y et cochez les trois signes de burnout les plus importants. Par exemple, si vous vous sentez épuisé et que votre  sommeil est visiblement dysfonctionnel. Ou bien si vous sautez votre déjeuner tous les jours. Ou si vous ne pratiquez jamais d’exercices…

Une fois que vous avez déterminé ce dont vous avez besoin de faire, fixez un plan d’action pour chacun de ces trois facteurs. Par exemple, je décide de ne pas regarder mes e-mails dans l’heure qui précède l’extinction des feux– et je commence dès ce soir.

Définir des objectifs concrets et des délais est l’une des meilleures façons de vous assurer que vous opérerez un changement durable.

Pour faciliter la mise en oeuvre de votre plan, recrutez un ou une partenaire anti-burnout, un copain proche. Confiez-lui vos résolutions et demandez-lui de vérifier périodiquement que vous tenez la barre. Obtenir de l’aide et définir des étapes d’action claires vous aideront à tenir le coup dans la mise en oeuvre de ces pratiques simples.

De fait, les moyens de prévention sont nombreux : apprendre à décharger les tensions et le stress, diminuer les exigences personnelles, poser des limites, cadrer les ruminations mentales, savoir demander de l’aide, avoir un bon réseau de soutien, protéger sa vie privée des soucis professionnels, etc… Mais, dans un burnout, on ne peut faire ces changements seul!

Mais le dénominateur commun à ces ressources, c’est d’améliorer sa résilience, sa capacité à résister au stress et à rebondir après les épreuves et les traumatismes. La résilience est indispensable aux humanitaires, qui oeuvrent souvent dans des contextes d’urgence. C’est une compétence de vie qui peut toujours être améliorée.

Si vous êtes déjà dans un burnout…

Il serait peut-être judicieux de vous faire accompagner, afin de ne pas vous faire évacuer et de garder votre poste! Vous pouvez consulter les services de soutien et de counseling du CHP, sur sa Hotline. Quelqu’un de notre équipe, qui est spécialiste de l’épuisement professionnel, peut vous aider à comprendre d’abord ce qui se passe, à accepter votre situation, à trouver des solutions et à les appliquer.

 

 

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